Tunisie : un investissement colossal de 55 milliards de dollars pour une résilience climatique renforcée à l’horizon 2035

investir dans la résilience climatique pour protéger les communautés et favoriser un développement durable face aux défis environnementaux.

EN BREF

  • 55 milliards de dollars mobilisés pour le plan climatique de la Tunisie (2026-2035).
  • Préoccupation principale : ségrégation des ressources en eau et agriculture.
  • Prévision d’une contraction de 3,4 % de l’économie d’ici 2030 sans action urgente.
  • Objectif de 265 millions de m3 d’eau dessalée par an d’ici 2035.
  • Réutilisation des eaux usées dans l’agriculture : passer à 50 %.
  • Amélioration de l’agriculture face aux baisses de précipitations : restauration de 1,2 million d’hectares.
  • Financement de 29 milliards USD pour l’adaptation et 25 milliards USD pour l’atténuation.
  • Accent sur le secteur de l’énergie pour la décarbonation.
  • Introduction d’outils économiques comme la taxonomie climatique et la tarification carbone.
  • Appel à la solidarité financière internationale pour protéger les populations vulnérables.

La Tunisie a adopté un nouveau cadre stratégique climatique, le CDN 3.0, prévoyant un investissement de 55 milliards de dollars entre 2026 et 2035 pour faire face aux défis du changement climatique. Ce plan ambitieux cible, en priorité, la sécu­rité des ressources en eau et l’agriculture, deux secteurs cruciaux pour l’économie et la stabilité sociale. Il envisage en particulier d’augmenter la capacité de dessellement à 265 millions de m³ par an et d’atteindre un taux de réutilisation des eaux usées de 50 % en agriculture d’ici 2035. La mise en œuvre nécessite un financement important, notamment grâce à l’appui international, et s’appuie sur des initiatives comme la tarification carbone et la réforme budgétaire pour intégrer les enjeux climatiques dans les politiques publiques.

La Tunisie, face aux bouleversements climatiques menaçant sa stabilité économique et sociale, a mis en place un cadre stratégique ambitieux, baptisé CDN 3.0. Ce plan prévoît un investissement colossal de 55 milliards de dollars pour la période 2026-2035, ciblant la sécurisation des ressources en eau et de l’agriculture. Les enjeux sont cruciaux, car sans actions immédiates, l’économie du pays pourrait se contracter significativement dans les années à venir. De plus, le secteur agricole, pilier fondamental du tissu social, est particulièrement menacé par les changements climatiques. Cet engagement massif s’accompagne également de la nécessité d’un financement international pour réussir cet objectif ambitieux.

Un cadre stratégique adapté aux enjeux climatiques

Le cadre climatique tunisien, élaboré et débattu lors d’un séminaire à Gammarth les 16 et 17 mai 2026, vise à faire face aux impacts dévastateurs du changement climatique. Le pays, soulignant sa vulnérabilité accrue aux phénomènes climatiques, s’efforce d’établir une stratégie durable et résiliente. Cette stratégie doit impérativement incorporer des plans d’adaptation face aux pénuries d’eau et aux risques d’inondations, qui, selon les prévisions, pourraient affecter gravement son économie.

La nécessité d’une action urgente

Les scénarios actuels indiquent que sans intervention rapide, la Tunisie pourrait faire face à une contraction de son économie de 3,4 % d’ici 2030. Cette situation serait exacerbée par la diminution des précipitations et la récurrence des inondations. Le secteur agricole, où la valeur ajoutée pourrait chuter de 15 % à l’horizon 2030, est particulièrement vulnérable, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et le bien-être social du pays.

Des objectifs quantifiés pour une agriculture résiliente

Au sein de ce plan ambitieux, la Tunisie s’engage à restaurer 1,2 million d’hectares de terres dégradées pour favoriser la productivité et la durabilité de son agriculture. En parallèle, elle compte sur l’utilisation de variétés arboricoles tolérantes à la sécheresse, qui devraient représenter 40 % des nouvelles plantations. Ces mesures permettront à la Tunisie de maintenir sa production agricole malgré les prévisions de baisse des précipitations, estimées entre -9 % et -12 % d’ici 2050.

Mobilisation des ressources en eau

Un des axes majeurs de la stratégie nationale est la gestion des ressources en eau. La Tunisie projette d’augmenter la capacité de dessalement d’eau de mer à 265 millions de m3 par an d’ici 2035. De plus, le taux de réutilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture devra atteindre 50 %, par rapport à seulement 6 % en 2022. Ces objectifs visent à palier aux défis de la disponibilité en eau, essentiels pour garantir la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en ressources vitales.

Un investissement de 55 milliards de dollars

Pour réaliser ces ambitions, la Tunisie a défini un budget total de 55 milliards de dollars, réparti entre les volets d’adaptation et d’atténuation. Environ 29 milliards USD seront affectés aux mesures d’adaptation, tandis que 25 milliards USD seront destinés à l’atténuation, particulièrement dans le secteur de l’énergie, pour réduire les émissions de carbone.

Une priorité à l’eau et à l’agriculture

Dans le cadre des 29 milliards USD attribués à l’adaptation, les priorités financières se concentrent sur l’approvisionnement en eau et l’assainissement, qui recevront environ 10,7 milliards USD. Suivront les actions en faveur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, dotées de 8 milliards USD. Ces investissements stratégiques témoignent d’une volonté de préserver les secteurs les plus vulnérables et essentielles à la résilience nationale.

La nécessité d’un soutien international

La Tunisie, en tant que nation responsable de seulement 0,07 % des émissions mondiales, appelle à un soutien financier international. En effet, pour que les objectifs d’atténuation soient atteints, 74 % de l’effort dépendra d’un appui externe. L’engagement national couvre les 26 % restants des besoins avec des objectifs inconditionnels, mais le succès de la mise en œuvre repose essentiellement sur la coopération des partenaires internationaux.

Des outils économiques pour le financement

Le plan de financement s’appuie sur des outils économiques innovants, comme la nouvelle taxonomie climatique établie en 2025. Cette taxonomie vise à classer les activités éligibles aux financements verts et à orienter les investissements, tant publics que privés, vers des projets en faveur du climat. En outre, la tarification carbone est aussi envisagée comme un moyen d’attirer des investissements dans les énergies propres grâce à la monétisation des réductions d’émissions.

Réforme budgétaire et intégration des enjeux climatiques

Pour intégrer les enjeux climatiques dans ses priorités politiques, le gouvernement tunisien impose également une réforme budgétaire afin d’inclure la question climatique dans les budgets étatiques. Cette action vise à garantir que les budgets futurs soient consécutivement alignés sur les objectifs de développement durable et climatiques, en plaçant la résilience au centre des décisions de financement.

Un modèle de développement bas-carbone

À travers ses actions et engagements, la Tunisie tente de prouver qu’il est possible d’adopter un modèle de développement bas-carbone tout en renforçant la résilience face aux défis climatiques. Ce modèle ne se limite pas seulement à la réduction des émissions, mais englobe aussi la protection des populations vulnérables, un besoin pressant évoqué lors du séminaire du Forum National de l’Adaptation aux Changements Climatiques (FNACC).

Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0)

La Contribution Déterminée au niveau National (CDN) est un outil crucial dans la lutte contre les changements climatiques. La version actuelle, CDN 3.0, répond aux exigences de l’Accord de Paris et vise à renforcer l’ambition climatique de la Tunisie. Elle prend surtout en compte les conseils issus du bilan mondial sur l’action climatique, appelant à des efforts accrus pour maintenir la température de la planète sous 1,5°C d’ici la fin du siècle.

La Tunisie, tout en étant une nation émettrice négligeable, se montre proactive face aux crises climatiques à travers un plan ambitieux de 55 milliards de dollars à l’horizon 2035. Les efforts de préservation de l’eau, d’adaptation de l’agriculture, et d’engagement international s’inscrivent dans une vision à long terme qui pourrait inspirer d’autres pays à inclure des stratégies similaires dans leurs propres plans climatiques.

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La Tunisie se prépare à faire face aux défis du changement climatique avec un plan ambitieux d’un investissement de 55 milliards de dollars. Ce cadre stratégique climatique, connu sous le nom de CDN 3.0, a été élaboré pour assurer la sécurisation des ressources en eau et préserver le secteur agricole, vital pour la stabilité sociale et économique du pays.

Lors d’un séminaire qui s’est tenu à Gammarth, des experts ont mis en évidence la gravité de la situation. Ils ont averti que sans action urgente, l’économie tunisienne pourrait se contracter de 3,4 % d’ici 2030, en raison de pénuries d’eau et de risques d’inondations. Le secteur agricole, sur lequel repose une partie importante de la sécurité alimentaire du pays, pourrait voir sa valeur ajoutée diminuer de 15 % si les tendances actuelles persistent.

Le plan CDN 3.0 inclut des objectifs quantifiés, en visant notamment à utiliser massivement des eaux non conventionnelles. La Tunisie projette d’augmenter sa capacité de dessalement d’eau de mer à 265 millions de m3 par an d’ici 2035 et d’atteindre un taux de réutilisation des eaux usées traitées en agriculture de 50 %, contre seulement 6 % en 2022.

Pour garantir la sécurité alimentaire face à une baisse potentielle des précipitations, estimée entre -9 % et -12 % d’ici 2050, la Tunisie vise également à restaurer 1,2 million d’hectares de terres dégradées et à adopter des variétés d’arbres tolérantes à la sécheresse.

Le financement de ce projet ambitieux repose majoritairement sur l’appui international. Sur les 55 milliards USD nécessaires, 29 milliards USD seront affectés aux actions d’adaptation, notamment pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Parallèlement, le volet de l’atténuation recevra 25 milliards USD, dont la majorité sera utilisée pour l’accélération de la décarbonation dans le secteur de l’énergie.

Pour mobiliser ces fonds, la Tunisie mettra en place de nouveaux outils économiques, tels que la taxonomie climatique qui orientera les investissements verts, et la tarification carbone, afin de tirer parti des mécanismes de l’Accord de Paris pour attirer des investissements dans les énergies renouvelables.

En intégrant les enjeux climatiques dans le budget de l’État, la Tunisie compte prouver qu’un modèle de développement bas-carbone est non seulement possible mais nécessaire. Le pays, responsable de seulement 0,07 % des émissions mondiales, lance un appel à la solidarité financière internationale pour protéger ses populations les plus vulnérables face au changement climatique.

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