|
EN BREF
|
La Thaïlande s’engage dans une transformation vers une économie durable et sober à travers un plan national structuré en trois phases. Après deux ans d’initiatives, la première phase, qui s’étend jusqu’en 2027, a permis de développer 18 zones éco-industrielles et d’atteindre des réductions significatives dans la consommation des ressources et les émissions de CO2. Quatre axes prioritaires ont été définis pour les phases suivantes : un système alimentaire durable, l’économie circulaire, l’intégration des critères ESG pour les PME, et un tourisme durable. Le programme « Stop Food Waste » illustre ces efforts avec des actions concrètes dans le secteur de l’alimentation.
La Thaïlande s’engage dans une transformation fondamentale de son économie, visant à intégrer des pratiques de développement durable et à réduire son empreinte écologique. Ce processus, qui s’étend sur quinze ans, inclut des initiatives concrètes touchant à divers secteurs économiques tels que l’industrie, l’énergie et l’alimentation. Dans le cadre de cette transformation, la première phase du plan national pour une consommation et production durables est en cours, avec des objectifs clairs d’amélioration des pratiques environnementales et de réduction des déchets. À travers des collaborations entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile, la Thaïlande espère renforcer ses engagements envers la neutralité carbone et faire émerger un système économique plus sobre et respectueux de l’environnement.
Un cadre stratégique ambitieux
Depuis 2024, la Thaïlande a mis en place un plan national de consommation et de production durables (CPD), organisé en trois phases successives. À travers ce programme, le pays souhaite transformer ses modes de production et de consommation en intégrant des objectifs de durabilité au cœur de son développement économique. La première phase, qui s’étend jusqu’en 2027, est coordonnée par le Bureau de la politique et de la planification des ressources naturelles et environnementales (ONEP), rattaché au ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement.
Alignement sur les engagements climatiques
Ce plan national s’inscrit également dans un cadre plus large d’engagements climatiques pris par la Thaïlande, qui vise à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et la neutralité en gaz à effet de serre d’ici 2065. Ces engagements témoignent de la volonté du pays de répondre aux défis posés par le changement climatique tout en favorisant un développement économique inclusif.
Les résultats de la phase 1
Deux ans après le lancement du plan, les résultats commencent à se dessiner. Plusieurs secteurs bénéficient déjà des premières mesures prises. Par exemple, dans le domaine de l’industrie, dix-huit zones éco-industrielles ont été créées dans quinze provinces, permettant aux entreprises de partager la gestion de leurs ressources et de leurs déchets. Cette initiative a permis de réduire les prélèvements en eau de plus de 4,5 millions de mètres cubes, surpassant les objectifs initiaux visant 27 millions d’ici 2037.
Énergie et déchets : un focus sur les résultats
Dans le secteur de l’énergie, la réduction des émissions de CO2 a atteint 9,3 millions de tonnes, grâce à la multiplication des sources d’énergies renouvelables. De plus, l’efficacité des pratiques de gestion des déchets a été améliorée, avec un taux de réutilisation des déchets industriels s’élevant à 87%. Cependant, le recyclage des déchets communautaires reste un défi, avec seulement 39% d’entre eux recyclés ou réintroduits dans le circuit économique. Cette avancée est encore limitée, notamment à Bangkok, où environ 5.000 tonnes de déchets alimentaires sont générées chaque jour selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement.
Priorités pour les phases suivantes
Sur la base des résultats engendrés par la première phase, l’ONEP a identifié quatre axes prioritaires pour la suite du plan. Ces priorités sont essentielles pour encourager une économie durable et répondre aux enjeux futurs de la société thaïlandaise.
Favoriser un système alimentaire durable
La première priorité consiste à développer un système alimentaire durable, cherchant à réduire les pertes à chaque étape de la chaîne logistique, du champ à la table. Cela implique une meilleure coordination entre les producteurs, les distributeurs et les consommateurs pour minimiser le gaspillage alimentaire.
Passer à l’économie circulaire
La deuxième priorité se concentre sur la développement d’une économie circulaire, qui vise à traiter les problèmes de gestion des déchets à leur source plutôt qu’en aval. Cela nécessite également d’impliquer les entreprises dans des pratiques de consommation responsable et d’innovation.
Intégration des critères ESG pour les PME
La troisième priorité concerne l’intégration des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) au sein des petites et moyennes entreprises (PME). Ces structures représentent un pilier fondamental de l’économie thaïlandaise, mais doivent s’adapter aux exigences croissantes de durabilité imposées par les marchés internationaux.
Élever les standards du tourisme durable
Enfin, la quatrième priorité porte sur le tourisme durable. En collaboration avec la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), l’agence allemande de coopération internationale, le gouvernement thaïlandais cherche à améliorer les standards du secteur touristique sans nuire aux écosystèmes locaux. Cette initiative vise à préserver l’attrait naturel de la Thaïlande tout en soutenant le développement économique du pays.
Engagement des acteurs privés
Pour maximiser l’impact du plan, le gouvernement thaïlandais s’appuie également sur le secteur privé. Le programme « Stop Food Waste », lancé en janvier 2026, regroupe quinze partenaires institutionnels et privés dans une initiative de labellisation des restaurants s’engageant à réduire leurs pertes alimentaires. Des enseignes emblématiques telles que Siam Piwat, Central et The Mall participent à ce programme, renforçant ainsi la visibilité et l’impact des efforts de durabilité.
Applications innovantes au service de l’économie durable
Le suivi technique de cette initiative est assuré par le Centre national de technologie des matériaux (MTEC), qui développe l’application LookieWaste pour mesurer les flux de déchets à la source. De plus, l’ONEP pilote l’application ECOLIFE, qui cible principalement les jeunes consommateurs à travers des campagnes de sensibilisation et de consommation responsable, comme « Sustainable Eating ».
Mesurer l’impact de la durabilité
À l’approche de la phase suivante, l’ONEP a établi trois priorités opérationnelles pour poursuivre cette transformation vers une économie plus sobre. Rendre les résultats mesurables dans le temps est essentiel afin d’évaluer l’impact à long terme des initiatives mises en place.
Renforcement de l’intégration des données
Une des priorités majeures est l’intégration des données collectées pour mieux suivre les avancées des différents projets. Cela permettra d’avoir une vision claire des progrès réalisés et d’identifier les axes d’amélioration.
Collaboration avec les collectivités locales
En outre, l’élargissement de la coopération avec les collectivités locales, qui étaient jusqu’à présent peu associées aux initiatives de durabilité, est une autre priorité de l’ONEP. Impliquer davantage ces acteurs locaux permettra de mieux adapter les solutions aux réalités de chaque région et d’augmenter l’impact des programmes.
Alignement avec la politique économique générale
Enfin, il est crucial de garantir une cohérence entre la stratégie de durabilité et la politique de développement économique général. L’ONEP se positionne comme un coordinateur entre les administrations, les entreprises et la société civile, afin que tous avancent dans la même direction. Kanda Chookaew, secrétaire général adjoint de l’ONEP, a souligné que ces objectifs ne peuvent être atteints par une seule entité et nécessitent une coopération collective forte.
La sensibilisation des jeunes et des consommateurs
L’éducation et la sensibilisation sont des éléments fondamentaux pour réussir cette transition vers une économie durable. Le public, et notamment les jeunes, doit être informé des enjeux environnementaux et des pratiques durables à adopter. Les campagnes de communication autour de l’application ECOLIFE, axées sur des thématiques telles que l’alimentation responsable, visent à sensibiliser les jeunes consommateurs et à les inciter à faire des choix éclairés et durables.
Un rôle fondamental du secteur éducatif
Le secteur éducatif joue également un rôle clé dans cette transformation. En intégrant les notions de durabilité et de protection de l’environnement dès le plus jeune âge, les établissements scolaires peuvent contribuer à former une génération plus consciente et proactive face aux défis du développement durable. Les programmes scolaires pourraient inclure des modules sur l’économie circulaire, la gestion des ressources et le respect de l’environnement, encouragent les élèves à devenir des acteurs du changement.
Les défis à surmonter
Malgré les avancées réalisées, la Thaïlande doit faire face à plusieurs défis pour mener à bien sa transformation vers une économie durable. Le passage à des pratiques économiques responsables nécessite non seulement des changements structurels au sein des entreprises, mais aussi une volonté politique forte et des investissements conséquents.
Gestion des résistances au changement
Un des principaux obstacles à cette transformation est la résistance au changement, tant au sein des entreprises que chez les consommateurs. Les acteurs économiques doivent être convaincus des bénéfices à long terme des pratiques durables, tant sur le plan financier qu’environnemental. Les gouvernements doivent également jouer leur rôle dans la promotion de ces pratiques en mettant en place des incitations favorables aux entreprises qui s’engagent dans cette voie.
Financement des initiatives durables
Le financement des initiatives durables représente un autre défi majeur. De nombreuses PME manquent de ressources pour investir dans des technologies plus écologiques ou adapter leurs processus aux normes de durabilité. Des mécanismes de financement spécifiques, comme des subventions, des prêts à taux réduit ou des partenariats public-privé, doivent être développés pour soutenir ces entreprises dans leur transition.
Une histoire à suivre
Au fur et à mesure que la Thaïlande progresse dans sa transformation vers une économie durable, les résultats obtenus seront scrutés par le monde entier. Les initiatives mises en place peuvent servir de modèle pour d’autres pays cherchant à intégrer des pratiques écologiques et durables dans leur développement économique. La Thaïlande se positionne donc comme un acteur clé dans le réseau mondial des engagements envers un avenir plus respectueux de l’environnement.
Une coopération internationale nécessaire
Enfin, la Thaïlande devra absolument collaborer avec d’autres nations et organisations internationales pour relever les défis globaux liés au changement climatique et à la durabilité. Le partage d’expériences, de savoir-faire et de technologies sera capital pour accélérer la mise en œuvre des objectifs de durabilité. Le soutien international, qu’il soit financier ou technique, sera vital pour garantir le succès de cette transformation.
Vers une prospérité partagée
En résumé, la Thaïlande s’engage résolument sur la voie d’une transition vers une économie durable et sobre. Les efforts déployés lors de cette transformation quinquennale visent à garantir une prospérité partagée et un avenir viable pour l’ensemble de la population. En intégrant des critères de durabilité dans ses pratiques économiques et en mobilisant tous les acteurs de la société, le pays espère devenir un exemple à suivre dans la lutte contre le changement climatique.

Témoignages sur la transformation économique de la Thaïlande vers la durabilité
La Thaïlande a entamé un tournant significatif, et je suis personnellement témoin de ce changement. En tant qu’entrepreneur dans le secteur alimentaire, la mise en œuvre de systèmes de production durables a eu un impact direct sur nos pratiques quotidiennes. Le programme « Stop Food Waste » a ouvert des portes à des collaborations entre restaurateurs, ce qui nous incite à réfléchir de manière innovante sur la gestion de nos ressources.
En tant que représentant d’une PME, je peux attester des défis d’adaptation aux nouvelles exigences de durabilité. Cependant, je reconnais l’importance cruciale d’intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans nos opérations. Cela nous permet non seulement de rester compétitifs sur le marché international, mais également d’apporter une contribution positive à notre communauté.
Les efforts déployés pour réduire les déchets, comme le recyclage et la réutilisation dans mon secteur, sont frappants. Avec un taux de 39 % de déchets communautaires désormais recyclés, je ressens une prise de conscience croissante parmi mes collègues et moi-même. Nous avons également constaté une réduction significative des prélèvements en eau dans notre zone éco-industrielle, ce qui est bénéfique pour notre environnement local.
Le soutien des centres commerciaux, tels que Siam Paragon et CentralWorld, pour des initiatives écologiques est encourageant. Cela a créé un environnement où la durabilité est valorisée. En collaborant avec plus de 300 restaurants, ces marques montrent qu’il est possible d’allier économie et préservation de l’environnement, et cela m’incite à faire de même dans mon propre établissement.
Je suis particulièrement enthousiaste quant à l’avenir. Les quatre priorités identifiées pour les prochaines phases, telles que le système alimentaire durable et le tourisme durable, offrent un cadre prometteur pour renforcer encore notre capacité à agir de manière responsable. La volonté institutionnelle de se coordonner avec les collectivités locales et les entreprises est essentielle pour garantir que la transition vers une économie durable soit un succès collectif.
