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EN BREF
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L’élevage représente environ 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), dont 60 % proviennent des activités d’élevage, principalement à cause du méthane, du protoxyde d’azote et du dioxyde de carbone. Le méthane, qui a un impact de 28 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur le réchauffement climatique, représente 45 % des émissions de GES de l’agriculture en France. Les stratégies pour réduire ces émissions impliquent des améliorations dans les pratiques d’élevage et l’alimentation, en utilisant des solutions écologiques, des sélections génétiques et en valorisant les coproduits non comestibles pour l’humain. Par ailleurs, le rôle des prairies permanentes est crucial, tant pour le stockage du carbone que pour la préservation de la biodiversité. De nouveaux projets de recherche, comme le programme METHANE 2030, visent à atteindre une réduction significative des émissions de méthane dans les filières bovines. Le développement de l’épigénétique et la recherche sur les mécanismes biologiques cherchent à optimiser les systèmes d’élevage en tenant compte des impératifs environnementaux.
L’élevage joue un rôle crucial dans notre société, tant sur le plan économique qu’environnemental. Cependant, il est aussi l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES), qui contribuent au réchauffement climatique. Environ 14 % des émissions mondiales de GES proviennent de l’agriculture, dont 60 % sont imputables à l’élevage. Cet article explore les enjeux de l’empreinte carbone de l’élevage, les principales sources d’émissions, les efforts de réduction en cours et les perspectives pour un avenir durable dans ce secteur vital.
Les sources d’émissions de GES dans l’élevage
Les émissions de GES liées à l’élevage proviennent principalement de trois gaz : le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et le dioxide de carbone (CO2). Chacun de ces gaz a des origines spécifiques au sein du processus d’élevage.
Le méthane, un gaz aux effets puissants
Le méthane représente environ 16 % des émissions mondiales de méthane. Ce gaz a un pouvoir de réchauffement global exceptionnel, étant 28 fois plus puissant que le CO2 sur une période de 100 ans, mais il a une durée de vie de seulement 10 ans dans l’atmosphère. Sa réduction s’avère ainsi essentielle car les résultats peuvent être rapidement observés. En Europe, les émissions de méthane liées à l’agriculture ont déjà diminué de 39 % entre 1990 et 2020, mais une augmentation générale des concentrations de méthane dans l’atmosphère est préoccupante.
Le protoxyde d’azote et les engrais
Le protoxyde d’azote est principalement issu de l’utilisation d’engrais, qu’ils soient synthétiques ou organiques. En ce qui concerne l’élevage, les effluents d’animaux représentent une part significative de ce gaz. La gestion et le traitement appropriés des déjections animales sont donc des enjeux majeurs pour la réduction de ces émissions.
Le dioxide de carbone
Le dioxyde de carbone est émis principalement à travers le transport des produits agricoles, le chauffage des bâtiments d’élevage et l’utilisation de machines. L’empreinte carbone globale inclut également les émissions indirectes résultant de la production et du transport des matières premières utilisées pour l’alimentation animale.
L’impact de l’élevage sur la biodiversité et les services écosystémiques
Outre les émissions de GES, l’élevage a un impact significatif sur la biodiversité. Les prairies permanentes, par exemple, qui sont enrichies par les déjections animales, jouent un rôle essentiel pour soutenir une diversité végétale et animale. Cependant, ces milieux naturels sont en déclin, ce qui pose de sérieux problèmes à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes. En effet, des systèmes d’élevage extensifs permettent de valoriser des surfaces moins productives, et le pâturage peut enrichir les sols en carbone.
Stratégies de réduction des émissions de GES dans l’élevage
La réduction des émissions de GES dans l’élevage est devenue une priorité. Plusieurs stratégies et initiatives sont en cours dans ce domaine :
Amélioration des pratiques d’élevage
Les recherches ciblent l’optimisation des pratiques d’élevage – notamment par l’amélioration génétique des animaux, l’alimentation spécifique, et l’augmentation de l’efficacité d’utilisation des ressources alimentaires. Par exemple, des pratiques telles que l’utilisation de semences sexées et de croisements adaptés peuvent contribuer à réduire le nombre d’animaux improductifs, notamment chez les bovins et les volailles.
Programmes de recherche et financement
Le programme METHANE 2030 a été lancé avec l’ambition de réduire les émissions de méthane des filières bovines de 30 % en 10 ans. Des investissements significatifs, évalués à 11 millions d’euros, sont faits pour développer des solutions multi-leviers afin d’atteindre cet objectif ambitieux.
Les avancées technologiques et génétiques
Les progrès en matière de sélection génétique permettent de choisir des animaux moins émetteurs de GES. Par exemple, l’analyse des spectres infrarouges du lait fournit des données précieuses pour identifier les animaux à faibles émissions. Parallèlement, l’étude de l’épigénétique pourrait apporter de nouvelles solutions pour améliorer la résilience des animaux face aux changements environnementaux.
Perspectives d’un élevage durable
Les enjeux environnementaux liés à l’élevage ne doivent pas occulter les avantages économiques et sociaux qu’il représente. Un changement vers un élevage plus durable passe par plusieurs axes :
Valorisation des services écologiques
Les services écosystémiques fournis par l’élevage, tels que le recyclage des nutriments et le stockage du carbone, doivent être mieux valorisés. Des systèmes de rémunération pour ces services environnementaux sont envisagés, afin de soutenir un modèle économique durable pour l’élevage.
Repenser l’alimentation animale
Repenser l’alimentation animale en intégrant davantage de coproduits non comestibles par l’homme et en utilisant des aliments à faible bilan carbone est fondamental. L’outil Ecoalim développé par INRAE permet d’évaluer les choix alimentaires selon leur impact environnemental, un pas en avant vers une consommation responsable. De plus, l’utilisation d’aliments formulés écologiquement a montré des résultats prometteurs.
Le rôle des prairies dans la durabilité de l’élevage
Les prairies jouent un rôle central pour l’élevage, non seulement pour nourrir les animaux, mais aussi pour stocker le carbone et maintenir la biodiversité. Les prairies permanentes sont des puits de carbone, et leur préservation est cruciale pour limiter les émissions de GES.
Préservation des milieux naturels
La gestion des prairies doit être soigneusement considérée. Le maintien de pratiques de pâturage appropriées est nécessaire pour conserver la qualité des prairies et favoriser la biodiversité. Des pratiques telles que la rotation des pâturages et l’adaptation des densités animales doivent être encouragées pour éviter le surpâturage.
Réduction des fuites d’azote et de phosphore
Un défi majeur est la gestion des effluents d’élevage pour éviter la pollution des ressources en eau. La concentration d’élevages dans certaines régions a conduit à des fuites massives d’azote et de phosphore, provoquant des problèmes environnementaux graves. Une meilleure gestion des déchets organiques et leur redistribution vers des terres cultivées pourrait aider à atténuer ces impacts.
Conclusion : vers un avenir durable pour l’élevage
L’élevage est confronté à des défis environnementaux croissants, mais il existe des perspectives d’avenir prometteuses grâce à l’innovation, à la recherche et à des pratiques ajustées. Les efforts pour réduire l’empreinte carbone de ce secteur sont cruciaux pour atteindre les objectifs de durabilité. Il est essentiel de poursuivre la collaboration entre chercheurs, agriculteurs et décideurs pour trouver des solutions viables qui répondent aux enjeux économiques, environnementaux et sociétaux.
Pour en savoir plus sur les initiatives prises dans d’autres secteurs, consultez ces articles intéressants :
Polytechnique Montréal et sa démarche sans viande,
Plateforme collaborative sur l’empreinte carbone,
Analyse des émissions de GES en France,
Transparence sur l’empreinte carbone des produits,
Transition écologique à Bordeaux.

Témoignages sur L’empreinte carbone de l’élevage : enjeux et perspectives pour un avenir durable
Jean-Pierre, éleveur de bovins: « En tant qu’éleveur, je suis conscient de l’impact que l’élevage peut avoir sur notre planète. Les émissions de méthane, par exemple, représentent un défi crucial. Nous avons adopté des pratiques plus durables, comme l’amélioration de l’alimentation de nos bovins pour réduire ces émissions. En intégrant des suppléments nutritionnels, nous espérons contribuer à un futur plus sain pour notre environnement tout en maintenant notre production. »
Marie, agronome: « L’élevage contribue effectivement à un pourcentage significatif des gaz à effet de serre. Cependant, il est essentiel de reconnaître les bénéfices que l’élevage peut apporter, comme le stockage de carbone dans les prairies permanentes. Nos recherches montrent que ces écosystèmes peuvent piéger de grandes quantités de carbone, ce qui représente une opportunité pour allier production et préservation. »
Luc, vétérinaire: « Je suis impliqué dans le programme METHANE 2030 et je vois chaque jour le potentiel que nous avons pour changer les choses. En optimisant la santé des animaux et en sélectionnant des races moins émettrices, nous pouvons réduire notre empreinte carbone. Chaque petit changement fait une différence: une gestion plus précise des rations alimentaires aide non seulement à réduire les coûts, mais aussi les rejets polluants. »
Claudie, militante écologiste: « Je plaide pour un changement de paradigme dans l’élevage. Nous devons aborder les impacts environnementaux de manière holistique. Favoriser des pratiques comme le pâturage extensif peut à la fois soutenir la biodiversité et réduire les émissions. Nous avons les outils pour créer un système alimentaire durable. »
Philippe, chercheur en biologie: « Une des pistes les plus prometteuses est l’amélioration génétique des animaux. En sélectionnant des individus moins producteurs de méthane, nous pouvons diminuer les émissions tout en maintenant la productivité. Ce type de recherche est crucial pour assurer un avenir résilient et durable pour l’élevage. »
Inès, responsable d’une coopérative agricole: « Nous travaillons sur l’idée de circularité dans les systèmes d’élevage. En réutilisant les déjections animales comme fertilisant pour nos cultures, nous pouvons réduire le besoin d’engrais chimiques, ce qui contribue à diminuer l’empreinte carbone globale de l’agriculture. »
